Compte-rendu CSE des 20 et 21 juin 2023

La méthode Coué de la direction sur tous les sujets !

En introduction de la réunion, le directeur du réseau a assuré son soutien indéfectible à la journaliste brestoise qui a reçu des menaces de l’extrême-droite et a indiqué qu’une plainte avait été déposée au nom de l’entreprise. Nous saluons cette décision et réaffirmons également tout notre soutien à notre consœur

Ce dernier CSE de la saison a été marqué par un ordre du jour très dense, avec pas moins de sept alertes pour risque grave ou danger grave et imminent. Les élu·es ont donc voté à l’unanimité une motion pour dénoncer l’engorgement du CSE et la responsabilité de l’entreprise dans la multiplication des alertes sur la santé des salarié·es. Même en ajoutant deux demi-journées de réunion, nous n’avons pas pu aller au bout de l’ordre du jour.

 La première journée a été intégralement consacrée à des questions de santé et de qualité de vie au travail – sans que la direction dédiée soit présente !
Nous ne pourrons pas rendre compte de l’intégralité des points traités, mais nous constatons que les conclusions des différentes expertises et enquêtes se rejoignent : collectifs dégradés, épuisement, inquiétude, prévention des risques psycho-sociaux inexistante…

La Fabrique : la direction s’entête à casser ce qui fonctionne

 La transformation à marche forcée de l’activité et des métiers abîme considérablement les collectifs et la santé des personnels, on le constate à la Fabrique à Nancy. Le service vidéographie, pourtant considéré comme le fleuron français du domaine, subit violemment ces transformations, avec à la clé la perte de sens au travail, inquiétude pour l’avenir, déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, épuisement… et trop souvent, un traitement anxiolytique pour aider les salarié·es à tenir.
Une intermittente qui travaillait à temps plein depuis cinq ans s’est vue remerciée, et pour ceux qui restent, la direction assure avoir « mis en place des actions ». Lesquelles ?
Des « ateliers » qui sans surprise n’ont pas convaincu les salarié·es et se sont soldés par un échec. La direction s’étonne aussi de voir que personne ne la croit réellement quand elle assure que le site de Nancy n’est pas voué à disparaître, alors que tout le monde a en tête le sort qui a été réservé au site de Bordeaux, qui, lui aussi, n’était pas censé disparaître.
Plus largement, on constate que la réorganisation de la Fabrique, dont les sites fonctionnaient pourtant bien, a engendré plus de désœuvrement que d’efficacité. 

Open Média : sécher les larmes plutôt que les éviter

Les expertises pointent systématiquement le manque cruel de prévention primaire de la part de la direction, manque que l’on pointe du doigt depuis longtemps, mais que la direction n’a pas l’air pressée de pallier. Le cas d’Open Média en est un exemple flagrant. Quand on lui parle des larmes des scriptes, l’équipe projet s’enorgueillit de tout faire pour les sécher. Mais nous voulons que ces larmes soient évitées, en amont ! Nous souhaitons des actions concrètes, pas qu’on nous tienne la main. 21 BRI doivent encore passer à Open Média et la direction doit apprendre de ses erreurs, mais pour ça il faudrait qu’elle soit en capacité de les reconnaître.

 Romuald Rat, à la tête de l’équipe projet, refuse d’admettre que la prévention primaire des risques psycho-sociaux n’a  pas été à la hauteur. Nous pouvons et nous devons faire mieux, la  direction doit suivre les recommandations du CSE, à savoir multiplier les soirées de JT blancs – pour les scriptes, mais aussi pour tous les autres postes impactés comme les chefs d’édition, les rédacteur·trices en chef adjoints et les présentateur·trices – et confier le suivi du déploiement sur l’ensemble du réseau à un cabinet extérieur.  

Cadres mal formés = désastre assuré

Le management intermédiaire manque de formation, notamment les rédacteur·trices en chef adjoints, mais pas seulement. C’est un constat qui se retrouve dans plusieurs enquêtes et expertises étudiées pendant ce CSE. La faiblesse de la formation des managers, qui pour  certains se limite à quelques jours au moment de leur prise de poste, entraîne des risques psycho-sociaux, pour les équipes mais aussi pour eux-mêmes. Le métier de cadre n’est ni facile, ni inné. Il faut mettre en place des formations solides, aux techniques de management, à l’écoute, à la conduite d’entretien, mais aussi au code du travail et aux accords d’entreprises. Pas des webinaires en e-learning, mais de véritables sessions en présentiel. Et au-delà de la formation, il faut accompagner, suivre, mettre à jour ces compétences tout au long de la carrière. La direction assure qu’elle a conscience de ces besoins et qu’elle y travaille. Sud rappelle l’urgence. 

Tempo : la direction s’enfonce dans le déni

 Les expertes qui ont étudié de manière exhaustive le projet Tempo le disent sans détour : le maintien du calendrier actuel « serait susceptible d’entraîner un désastre industriel et social ».Elles décrivent une entreprise déjà à bout de souffle, gangrénée par les dysfonctionnements organisationnels et les risques psycho-sociaux, et démontrent qu’il est impossible de mettre en place une telle réforme dans ce contexte de conditions de travail dégradées. Elles ont rappelé les nombreuses failles du projet, alors même que son lancement est prévu dans huit semaines.
Rien de tout ça ne semble faire réagir la direction du réseau. Elle s’enfonce dans un déni de réalité et décide de maintenir la date du 4 septembre, en brandissant les 57 ETP supplémentaires promis à se partager entre les 24 antennes du réseau. Comme si cela allait suffire à résoudre les problèmes structurels de l’entreprise ! 

Les expertes insistent sur la perte de sens au travail. Philippe Martinetti n’est pas d’accord ! « Je crois sincèrement que ce projet est porteur de sens », dit-il ! Si ce projet donne du sens à son travail, grand bien lui fasse, mais ce qui compte, c’est l’avis de milliers de salarié·es impacté·es. L’expertise liste de nombreuses préconisations pour limiter les dégâts, la direction répond : « nous allons les étudier ». Se rend-elle compte seulement de l’urgence ? 

Les élu·es ont voté à l’unanimité une motion pour demander l’arrêt du projet Tempo.

Le compte-rendu à télécharger ici

Le prochain CSE du réseau aura lieu les 19 et 20 juillet 2023.
Si vous avez des questions, des doléances, contactez vos élu·e·s Sud au CSE : Nadia Adell, Romane Idres, Béatrice Mariani, ou les élu·e·s et représentant·e·s Sud en région.

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A propos Sud Médias Télévision

SUD Médias Télévision, syndicat à vocation nationale, autonome et indépendant, se fixe pour mission de défendre la dignité de chacun dans son travail et de lutter contre la déshumanisation de l’entreprise.