Ça devait être « ICI commence le monde »,
mais c’est plutôt « ICI commence le désenchantement »
TEMPO, c’est quoi ? Un gloubiboulga d’information, un ersatz de journal télévisé, passant d’un reportage de proximité à un interview d’Emmanuel Macron, pour repartir sur un portrait très local, puis on va survoler les inondations en Libye. Un peu comme sur un manège de montagnes russes, on en ressort avec le tournis sans en avoir vraiment rien retenu.
Vous avez dit « proximité » ?!
Malgré plus de temps d’antenne, sur le terrain pas plus d’équipe. À la place, des chroniqueurs : des femmes et des hommes troncs devant des écrans géants pour débiter des chiffres.
Vous avez dit « décryptage » ?!
Dans les bureaux, une armée mexicaine d’adjoints réceptionnent des fichiers afin de remplir les cases des conducteurs. Et, oh surprise, en fin de journée, les versionnings s’enchainent. Le compteur temps s’affole. Les scriptes s’arrachent les cheveux.
Depuis Paris, on demande aux régions de diffuser des reportages ou des chroniques livrés clef en main, sur des thématiques parfois non concernantes pour nos territoires. Paris décide ! Paris impose !
Vous avez dit « autonomie » ?!
La poudre de perlimpinpin aura fait long feu : en moins de 15 jours les salariés du réseau sont passés, pour certains, de l’enthousiasme pour la nouveauté, à l’amertume de la désillusion.
Pour d’autres, de l’inquiétude face à ce qu’ils pressentaient comme irréalisable, au terrible constat qu’ils ne se sont pas trompés.
Faut-il vraiment attendre 3 mois pour faire le bilan?
Pour Sud, la plaisanterie a assez duré, il est encore temps de faire marche arrière.
