L’extrême-droite aux portes du pouvoir : les médias publics en danger, la démocratie aussi.
La société française est au bord du point de bascule. Nous nous devons aujourd’hui de dépasser la peur et la colère qui nous habitent depuis le 9 juin pour entrer dans une résistance active face à la menace de l’extrême droite, qui n’a jamais été si proche du pouvoir.
Cette extrême-droite qui prévoit de privatiser l’audiovisuel public au plus vite, de nous livrer aux mains des milliardaires qui ont déjà détruit méthodiquement i>Télé, Canal et le Journal du Dimanche. Cette extrême-droite qui répand tellement de fake news qu’il devient presque impossible de tout débunker. Cette extrême-droite qui prône des valeurs aux antipodes de celles portées par notre entreprise dans sa charte des antennes, à savoir l’égalité, la promotion de la diversité, la fiabilité de l’information. Ces valeurs-là doivent rester notre boussole, quel que soit le pouvoir en place.
On le sait, les postes de direction sont des postes politiques puisque c’est le président de la République qui nomme le président de l’Arcom, qui nomme lui-même la ou le PDG de France Télévisions. Si le Rassemblement national prend le pouvoir, comment vont se comporter nos hauts cadres ? Nous espérons que la direction, qui s’est empressée de répondre aux exigences de Rachida Dati avant même que la réforme de l’audiovisuel public ne soit votée, n’adopte pas la même attitude vis-à-vis d’un ministre d’extrême-droite.

Le brouillard dans lequel nous avançons depuis plusieurs mois s’épaissit encore plus et nous avons besoin d’une ligne de conduite claire, avec au sommet des priorités la conservation de notre indépendance et la qualité de notre information et de nos programmes. Notre mission d’information du public n’a jamais été à la fois aussi cruciale et aussi rudement attaquée. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’être muselés ou utilisés par le Rassemblement national pour répandre son idéologie raciste, sexiste, anti-écologique sur nos antennes.
Demain, les journalistes de France 3 Rhône-Alpes pourront-ils encore enquêter sur les polluants éternels et la responsabilité des industriels ?Ceux de France 3 Nord-Pas-de-Calais pourront-ils encore donner la parole aux ONG qui dénoncent le traitement des migrants ? Ceux de France 3 Côte-d’Azur pourront-ils encore inviter Cédric Herrou ? Ceux de France 3 Provence-Alpes pourront-ils encore relater les affaires de violences policières ? Combien de documentaires seront-ils déprogrammés, combien d’invités seront interdits sur nos antennes ?

Notre réseau régional a un rôle essentiel d’information et d’éducation populaire, un rôle de décryptage de la société, de la politique et de l’histoire, un rôle de diffusion de la culture, de toutes les cultures. Il nous appartient à tous de le défendre.

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