Les régions, premières victimes des économies annoncées pour le budget 2025. Le réseau, l’éternelle variable d’ajustement des économies à France TV.
En 2025, la direction compte une nouvelle fois réduire le nombre de salarié·es sur le réseau. La perte annoncée est de 35 ETP… au minimum.
Dans notre liminaire, nous avons proposé des idées pour éviter de dégrader nos conditions de travail. Peine perdue. Notre direction préfère nous mettre au pain sec et à l’eau. Ces économies vont peser lourd sur les titulaires, mais également sur les précaires. Sans surprise, la direction a reconnu qu’elle va chercher à limiter le recours aux non-permanents.

L’année 2025 sous le signe des économies… Encore
Il a fallu forcer la main de la direction pour obtenir qu’un débat autour des décisions budgétaires soit engagé. Ce 18 décembre, le Conseil d’Administration a validé le budget prévisionnel de France TV pour 2025. Pour France 3, ce sont finalement 35 ETP (Equivalents Temps Plein) que l’entreprise voudrait que le réseau économise, sans plan social, en privilégiant le non-remplacement des départs en retraite et une diminution du recours aux CDDs et CDDus. L’idée étant de compenser l’augmentation mécanique du coût des salaires, du fait des augmentations annuelles, par une réduction du nombre de salariés.

Mais Priscille Ducomet, directrice financière, dépêchée dans l’urgence pour répondre à nos questions, ne s’en cache pas : ce budget a été ficelé “à toute vitesse”. Elle ne peut pas nous dire quelles économies sont précisément attendues dans quelles antennes. Ce budget prévisionnel, en déficit de 49,4 millions, a d’ailleurs toutes les chances d’être rapidement revu : quand la tutelle de l’État sera de nouveau en mesure de prendre des décisions budgétaires ou structurelles pour France TV, ou, à défaut, en cours de route et au gré de la créativité économique de nos dirigeants.
Pour rappel, France 3, c’est 3.125 ETP, et environ 470 millions d’euros sur les 2,5 milliards du budget de France TV.
Philippe Angot, le directeur des finances du Réseau se félicite que certain·es directeur·trices régionaux et rédacteur·trices en chef cherchent à réduire au maximum les dépenses… sans s’émouvoir des conséquences de ces décisions sur l’antenne et les salarié·es. Un boulevard pour certains managers zélés, prêts à bazarder notre travail ! Il faudra être très vigilant vis-à-vis de ceux qui pourraient être un peu trop tentés de se faire remarquer en cette année de “contraintes budgétaires”.

Le mot de la fin de la direction financière ? “Ne vous plaignez pas, il n’y a pas de plan social prévu », tente Priscille Ducomet. « Vous avez bien de la chance, car on a tous des amis touchés par des plans sociaux ailleurs.” Elle aurait presque pu ajouter : “Joyeux Noël”… Et que la dinde ne vous étouffe pas.
Les cantines : la direction préfère externaliser et financer les entreprises privées
Alors que la direction semble déterminée à condamner à terme les six dernières cantines du réseau, le CSE avait commandé une expertise : cette restauration collective répond-t-elle aux attentes des salariés ? Comment la faire évoluer ?
À Antibes, Bordeaux, Lyon, Marseille, Nancy et Toulouse, les salariés ont été nombreux à répondre. Même si la direction, responsable du renouvellement du matériel et des locaux, les a abandonnées depuis plusieurs années (les cuisines de Marseille et Toulouse auraient un besoin criant de travaux), le résultat de l’enquête est sans appel : elles sont plus fréquentées que dans la plupart des entreprises, et les salariés sont très attachés à cette offre. Ces établissements répondent à un besoin de se restaurer sur place. Il y a aussi un gain social qui ne se chiffre pas : c’est un facteur de convivialité et de maintien de la cohésion sociale.

Hélas, la direction a décidé de les sacrifier : au fil des déménagements et des travaux immobiliers, leur fin est programmée dans les prochaines années. Elle leur préfère les frigos connectés et l’installation de simple “espaces de convivialité” équipés d’un micro-ondes. Des solutions qui financeront une fois de plus le secteur privé, au détriment de la santé et du bien-être des salariés. Les élu·es ont demandé au CSE Central de se saisir de cette expertise, pour demander à Delphine Ernotte de prendre position. En espérant un retour à la raison…
À Mende, l’étrange potion de la direction
En Lozère, les locaux de France 3 sont vides. Il n’y a plus d’équipes depuis 4 ans (les deux postes de journalistes sont gelés, voire congelés). Résultat : l’actu est traitée par les équipes de Montpellier, un BRI sous-doté.
Que vont devenir ces postes ? Dans son projet, la direction explique qu’elle souhaite rapatrier le poste de rédacteur à Montpellier et… geler le poste de JRI.

Pour quoi faire ? La directrice régionale d’Occitanie tente une explication sur l’hypothèse d’une expérimentation avec France Bleu, qui possède un correspondant à Mende, mais elle se fait sèchement reprendre par la présidente du réseau qui explique qu’il n’en est rien… Oups. La présidente se lance alors dans une explication scabreuse autour d’un éventuel projet qui n’a pas avancé. Quand les élus l’interrogent sur le projet en question, la présidente répond qu’il n’y a pas de projet. Cherchez l’erreur.
Les élu·es du CSE ont souligné dans leur avis que le BRI de Montpellier a besoin des deux postes (et pas d’un seul). Quelle expérimentation la direction nous concocte-t-elle ? Un futur binôme JRI France TV – Rédacteur radio France Bleu ? Nous n’aurons pas de réponse.
Un bureau permanent pour Arcachon
La direction régionale d’Aquitaine veut ouvrir un nouveau bureau excentré en Gironde, plus grand département français qui n’était jusqu’ici couvert que par Bordeaux. Les temps de trajets vers la côte, et en particulier le bassin d’Arcachon sont cauchemardesques en été nous explique le directeur régional Fabrice Goll.
Un local de 83m2, très proche du centre-ville et composé de quatre pièces a été trouvé. L’une d’elle pourrait accueillir le journaliste de France Bleu qui couvre la zone, si la direction valide son arrivée.

Problème soulevé par les élus : il n’y a pas de parking, ouvert ou fermé, pour la voiture de France 3. La direction explique que la ville a été contactée pour qu’une place nous soit réservée en face du bureau.
Les élu·es ont rendu un avis positif pour une prise à bail. La direction d’Aquitaine devra revenir devant le CSE lorsque les RP auront pu donner leur avis, et pour présenter le projet dans sa totalité.
Le compte-rendu à télécharger ici
Prochain CSE du 21 au 23 janvier 2025
Si vous avez des questions, des doléances, contactez vos élu·es et représentant·es Sud au CSE : Nadia Adell, Johanna Albrecht, Pierre-Olivier Casabianca, Romane Idres et Philippe Perrot, ou vos élu·es et représentant·es Sud en région.

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