Ah, la promesse du dialogue social efficace, apaisé, respectueux. Combien de fois l’avons-nous entendue ? Chaque fois qu’un directeur·ice est nommé·e, à la tête du réseau ou d’une région, c’est la même mélodie. Une chanson douce qui n’a vocation qu’à nous endormir.
En Bretagne, le directeur régional qui souhaitait « se donner du temps pour la discussion » et « le temps de l’écoute mutuelle » a finalement annoncé que la durée de l’instance de proximité serait réduite par rapport à ce qui se faisait depuis des années. Une décision unilatérale, prise sans aucune concertation, se cachant derrière des directives nationales. « C’est pas nous, c’est Paris ! », en somme. Disparue, la soi-disant autonomie des régions : si Paris ordonne de piétiner le dialogue social, on s’exécute.
En Picardie, les risques psychosociaux et leurs effets sur la santé des salarié·es atteignent des niveaux préoccupants, et la moitié des accidents du travail de 2025 sont liés à des RPS, dont trois concernent des représentant·es du personnel… Mais la direction régionale choisit le déni, et se permet, en plus, de venir « gronder » la rédaction quand les organisations syndicales s’expriment sur le télétravail du rédacteur en chef et son absence pendant la moitié de la campagne des municipales. Lui aussi a vite oublié ses promesses de dialogue social.

Il faut dire que le haut de l’organigramme montre l’exemple : on apprend que la direction entend durcir les règles pour disposer des crédits d’heures de délégation. Par exemple, jusqu’ici, les 28h allouées aux RP au forfait jour étaient généralement découpées par tranches de 7h, soit quatre jours. Un temps précieux pour être pleinement à l’écoute de leurs collègues. La direction décide que ce sera désormais des tranches de 8h, soit 3 jours et demi. Joli tour de passe-passe pour réduire le temps dédié au travail de représentant du personnel, qui démontre à nouveau la volonté de pressuriser au maximum les élu·es.
Bien sûr, les promesses n’engagent que celles et ceux qui y croient, et qui a vraiment cru que le directeur du réseau allait tenir les siennes ? En août, pour son premier CSE, il se présentait comme un « adepte du dialogue social ». On avait ri jaune. Aujourd’hui, on ne rit plus du tout.

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