La fabrique: a qui le tour ?

Cette décision plonge une fois encore les salarié·es de la vidéo mobile dans la détresse et l’inconnu. Déjà en 2019, les techniciens de la VM des 6 régions avaient vu leurs outils de travail transférés en banlieue parisienne, loin de chez eux, à Bois d’Arcy. La réforme pourtant censée pérenniser l’activité est donc un échec, c’est la direction elle-même qui en fait le constat dans son nouveau « projet d’évolution ».

Et ce sont ces mêmes salarié·es qui vont devoir supporter une modification de leurs conditions de travail. La direction prévoit en effet leur redéploiement sur les autres moyens vidéo mobile.

Les collectifs, déjà fragilisés depuis le rattachement des nouveaux recrutés à Paris, vont cette fois-ci définitivement disparaitre. Pour la direction, « cette organisation permettra de garantir un bon équilibre entre vie professionnelle et personnelle ».

On peut s’interroger sur ses véritables préoccupations en matière de santé !

Les raisons invoquées sont mensongères : « l’obsolescence technique de la série Benjamin ». Comment parler d’obsolescence alors qu’aucun renouvellement n’a jamais été envisagé ? La direction de La fabrique s’était pourtant engagée en 2019 à « assurer la pertinence de notre parc de moyens et suivre les évolutions technologiques ». Où sont passés ses engagements ?

Avec cette disparition d’un tiers des cars régie, l’impact négatif sur l’activité est inéluctable. Les CDD en seront les premières victimes, mais la sous activité touchera également tous les acteurs de la production : Chargés de production, Cadres à la production, etc. Ce sera faire fi du savoir-faire des salarié·es de La fabrique.

En se privant de ses 2 cars, c’est aussi un nombre considérable de tournages qui vont échapper à La fabrique, puisqu’elle n’aura plus de moyens adaptés à certains types de captations régionales notamment, comme les courses cyclistes ou les PAE, des programmes pourtant plébiscités par les téléspectateurs en région. Quid des promesses de la direction pour une proximité accrue ? La couverture de ces événements risque bien d’être externalisée, comme bien souvent, ce qui aura un coût dissuasif.

Sud Médias Télévision dénonce la violence avec laquelle sont imposés les changements organisationnels quand ils consistent à faire des choix incohérents, puis à convoquer les salariés devant leurs RH pour leur demander où ils souhaitent faire « les bouches trous ».

Mais ne nous y trompons pas, on voit bien ce qui se dessine petit à petit derrière ces changements orchestrés de longue date. Que cherche à faire la direction quand 49 des 74 salariés de la vidéo mobile ont plus de 50 ans, que le plan de charge diminue et qu’en même temps l’outil de travail est démantelé ?

Il faut au contraire investir dans de nouveaux outils et embaucher pour que La fabrique puisse continuer à assurer la production et la fabrication de programmes du premier groupe audiovisuel français.

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