

CSE mai 2026
Allonclez-vous malheureux !
Dans une logique de classe assumée (pas touche à l’encadrement), la direction du réseau qui ne maîtrise que son ennui autour de la table du CSE, s’évertue mois après mois à nous délivrer la bonne parole de madame Ernotte : S’adapter ou disparaître ! De la souffrance princeps de la station d’Amiens en passant par les Z200 de chez Sony jusqu’à la récession sociale overdrive, on perçoit les mêmes éléments de langage, les mêmes dénégations, mais également une sorte de défiance à l’égard des élu·es qui questionnent l’avenir. Persuadés que leur stratégie budgétaire et libérale les sauvera eux des prophéties d’Alloncle, nos dirigeant·es en oublient l’essentiel. A Agen,
Montbéliard ou Charleville-Mézières, l’audiovisuel public ce sont eux ? Ou nous ?

La phrase du mois
« Les rédacteurs en chef autoritaires, certains journalistes aiment bien ça ! »
Christophe Poullain, directeur du réseau
Le chiffre du mois
Demande de dérogation pour le Tour de France : travailler 60 heures / semaine, sans compter les heures de voyage.
Risque relevé par l’inspection du travail et les élu·es du CSE : que cette dérogation devienne un usage
La bonne idée de ce CSE
«On pourrait réaliser des expertises sur les RPS du type de celle menée à Amiens dans toutes les antennes du réseau.»
Dixit l’inspectrice du travail d’Amiens
Caméras de poing et doigt levé : les bons gestes de la direction technique
On nous le repète, on nous le martèle « y’a plus d’sous » pour le matériel, pour l’activité. Juste de quoi
payer l’essence pour la bagnole de Delphine quand elle part à Cannes ? Pourtant, la raison d’être de notre
entreprise, c’est pas justement de fabriquer des programmes et de les diffuser ? Un truc aurait-il échappé à
Delphine ? Mickael Friederich, directeur de l’exploitation et des moyens du réseau, est venu nous faire
l’article sur les dernières caméras en vente : Sony Burano pour la Fabrique, X200 pour les régions.

Finis les grands appels d’offres pour renouveler tout le parc caméra.
Terminés les tests à grande échelle pour choisir la crème de la crème des caméras, pour évaluer la qualité de prise de vue, l’ergonomie de travail.
On fait désormais avec les moyens qu’on a, c’est-à-dire rien.
On provisionne des millions pour les contentieux et les départs pour
inaptitude, majoritairement du fait de la souffrance au travail. Alors on ne
peut pas en plus fournir du matériel broadcast pour satisfaire des OPV
ou JRI soucieux de qualité et de confort de travail ! Les clients, pardon,
les chef·fes de centre, viennent faire leur marché au siège au fur et à
mesure de leurs besoins, c’est-à-dire, des pannes trop chères à réparer.
Le problème est que le magasin n’est pas toujours bien achalandé, crise financière oblige, et ne peut pas
répondre à toutes les demandes. Côté SAV, notre directeur technique peut fournir la notice ou proposer du
e-learning. Pour les sessions de formation déployées à grande échelle sur l’ensemble de la population
concernée, on repassera. Pour lui, changer de caméra, c’est comme changer de voiture. Avez-vous besoin
d’une nouvelle formation lorsque vous changez de voiture ? Non ? Et bien là c’est pareil, dit-il. Il oublie juste
que mon voisin choisira probablement une voiture différente de la mienne, adaptée à ses besoins et que sa
responsabilité d’épicier du réseau l’oblige à certaines précautions en termes de santé et conditions de
travail.
Les élu·es apprennent qu’il y a des clubs, pas d’échangisme, ni de golf, mais des clubs sur teams. Plein,
plein. Vous n’y êtes pas ? C’est normal, vous n’êtes pas client·e premium, cadres techniques ou référent·es.
Les premium font remonter les problématiques et partagent leurs expériences de pratiques
professionnelles. Mais quelques soient les remontées des utilisateurs, de ces réunions tupperware,
Monsieur Friederich ne pourra pas modifier ce qu’il a en rayon. Il faudra S’A..DAP…TER.
Que les adeptes de la caméra X400 se le disent : bichonnez-là, cela deviendra bientôt un vestige
archéologique d’une époque révolue où on achetait ce qu’il y avait de mieux adapté au niveau d’exigence
de notre entreprise. Le directeur de l’exploitation et des sans moyens, lui, est plutôt un adepte des
nouvelles technologies qui réduisent les coûts… et si ce sont ceux de personnels, c’est encore mieux.
SAINT OVERDRIVE : un robot pas comme les autres qui vous rabote les ETP
en deux coups d’cuillère à pot !

Le directeur de l’exploitation confirme par ailleurs avoir choisi de mettre en production l’option basse pour toutes les émissions récurrentes et chartées : journaux, émissions politiques par exemple. Il semble ne pas savoir que dans certaines antennes, les émissions politiques sont encore réalisées par des personnes qu’on appelle des réalisateurs. Pas évident que formatage, robotisation et réalisation s’accordent bien sur le sens à donner aux images et le rythme à fournir aux séquences. Et il veut aller vite. Passer de trois à deux techniciens vidéo par régie, ça vaut le coup d’imposer le scénario bas en mode d’exploitation dès la première mise en production.
Celle-ci aura lieu fin juin et nos collègues de Poitiers, directement
concernés, ont alerté leur direction sur ce choix du scénario dit « bas », dès la bascule, à deux technicien·nes
vidéo. On partage leurs craintes. Outre les risques psycho-sociaux que cela pourrait générer, c’est aussi la
situation des nombreux collègues technicien·nes vidéo CDD qui nous inquiète. L’entreprise va-t-elle les
remercier, sans état d’âme ? Au risque de multiplier des contentieux qui pourraient à eux seuls financer un
parc caméra digne de ce nom ?
Avis des élu-e s du CSE à lire
A système occlusif, observatoire inclusif ?

L’observatoire de l’inclusion, c’est Yannik Monsereau, responsable de l’égalité des chances, qui en parle le
mieux. Maintenir le label Alliance, diversité, égalité des chances lui donne beaucoup de travail. Un questionnaire va être envoyé à chaque salarié·e du réseau afin de pouvoir évaluer son ressenti par rapport à la politique d’inclusion de l’entreprise et à ses actions sur le terrain.
Gageons que ceux qui, dans la vraie vie de l’entreprise, restent sur le carreau de l’inclusion et de l’égalité des chances, resteront amers.
Pas d’amour sans preuves d’amour ? Pas d’inclusion sans preuves.
Les salarié·es concerné·es veulent des actes, sur le terrain. L’entreprise peut se targuer d’avoir un taux de salarié·es en situation de handicap tout à fait honorable, ce qui lui évite des pénalités financières. Elle ne peut pas faire ensuite comme si ces salarié·es n’avaient pas de besoins spécifiques d’adaptation de postes, d’organisation ou même, d’évolution professionnelle pour se maintenir dans l’emploi. L’accord handicap n’est pas là juste pour caler la table de nuit.
Ne souriez plus ! Vous êtes filmés… avec replay en plus
Souriez, vous êtes filmés ! La team sécurité de l’entreprise vient exposer aux élu·es le cadre dans lequel les centaines de caméras sont installées dans toutes les emprises de France Télévisions. Le chef de centre a une habilitation permanente pour consulter les images, en cas d’incident. Le responsable IMG
peut le faire, sur délégation du chef de centre. La team sécurité insiste sur la protection des personnes et des biens et sur la notion d’actes délictueux, des incidents selon elle, qui amènent à consulter les enregistrements, conservés durant 30 jours.

Mais la notion d’incident ne pourrait-elle pas être à géométrie variable selon le chef de centre ? Pourquoi ne pas la restreindre à ce qui relève d’une infraction ? Intrusion, vol, dégradation. Où sont les garde-fous face à certains chef·fes de centre qui pourraient être tentés de consulter de manière abusive, à dessein de possibles procédures disciplinaires ? Sud n’est pas favorable à la multiplication des caméras et à la consultation des images enregistrées sans qu’un tiers, par
exemple les élu·es du personnel, n’en soient informé·es. La team sécurité attend le retour juridique pour connaître la possibilité de mettre en place un tel garde-fou. On est rassuré, les images de nos déplacements et nos libertés individuelles
sont entre de bonnes mains.
Fusion numérique avec Radio France : tout le monde URL !
Nous, le numérique à FTV, on va vous l’avouer, on n’y comprend plus rien. Qui fait quoi, qui décide quoi à
la tête hybride du numérique ? On a bien compris par contre que la chasse aux clics était ouverte. L’IA, » ça
serait bien malheureux de ne pas s’en servir pour aider au référencement, toutes les entreprises le font «
nous dit la directrice en charge du contenant du numérique, à moins que ce soit celle en charge du
contenu, on n’sait plus. Mais si la course à l’échalote du clic a commencé, on a déjà des années lumières
de retard par rapport à d’autres médias.

Fusion, absorption avec le site ICI, ex-Francebleu, ça ne sera pas avant plusieurs
mois, et c’est leur système Atlas qui sera choisi pour nous accueillir, en lieu et
place du nôtre, PIC. En quoi Atlas est-il mieux que PIC ? Bafouillage, dérapage
non contrôlé en séance devant les élu·es… En fait, nos Dupond et Dupond du
numérique ne savent pas trop.
Par contre, notre directeur réseau, Christophe Poullain, lui est clair comme une
IA et il maîtrise parfaitement la rhétorique autour des moyens financiers, à défaut
d’être doctorant en programmes et activités. À ce jour, la publicité ne rentre pas
et c’est 20 millions d’euros de manque à gagner. Il va falloir faire des économies dit le grand argentier, en
répétant : » les économies, on n’a pas fini d’en faire « . La piste ? Frais de mission et nombre d’ETP. A votre
avis, qui va trinquer ?
Et si on faisait le tour des conditions de travail ?
La direction a besoin d’obtenir une dérogation de l’inspection du travail sur le tournage du tour de Franc
cycliste. Elle l’obtiendra très probablement, le dossier présenté aux élu·es est complet, documenté et
propret. La grande fête du vélo, populaire, médiatique, mais controversée à plusieurs titres, entraîne dans
son sillage un grand barnum technologique. Une caravane impressionnante de camions et de voitures,
avec en son sein, une multitude de salarié·es de la Fabrique qui, durant trois semaines, vont parcourir des
milliers de kilomètres, les amenant à travailler près de 60 heures par semaine, auxquels s’ajouteront en
moyenne 25 heures de voyage hebdomadaire. Les logiques mercantiles des uns, budgétaires des autres,
posent question et cristallisent des problématiques sociales et de conditions de travail. Quand la pénurie
d’activité guette, quand la direction démantèle à la découpe un de ses joyaux, quand le secteur d’activité
concurrentiel est agressif, faut-il fermer les yeux sur les conditions de travail et l’explosion de la durée
légale du travail ? Nous ouvrons le débat.
Paris-Île de France : l’apaisement ?

Après un long et douloureux conflit qu’ils ont mené avec courage, nos
collègues d’Île de France bénéficient d’une écoute et surtout d’un
studio provisoire adapté à leurs éditions régionales. Bientôt leurs JT
seront diffusés depuis le plateau F via la régie 5. Ce studio disposera
d’un fond vert virtuel et nécessitera une formation spécifique des
chroniqueurs ainsi qu’une très bonne coordination avec les
spécialistes des décors virtuels de la Fabrique puisque les écrans TV
disparaissent. Le problème, pour le moment insoluble, est que PIDF
doit partager cet espace avec les éditions du pôle outremer. Moins de
dix minutes séparent les deux JT le midi ! Impossible donc d’opérer un
changement d’édition et de personnel. La direction affirme travailler
sans relâche pour résoudre cette situation. On serait tenté de les
croire puisque Cyril Vigouroux, le boss, directeur des moyens de
fabrication, n’a pas hésité à interrompre ses vacances pour une visio avec les élu·es du CSE. Le calendrier
est toutefois serré puisque la bascule vers ce nouveau studio est programmée début juillet.
Amiens : tout reste à faire
Le rapport d’expertise suite à l’alerte pour risque grave sur l’antenne d’Amiens a été rendu. Les experts rappellent le nombre important d’arrêts et d’accidents de travail, les témoignages de salarié·es en détresse psychologique liée au travail et l’impossibilité de dialogue entre direction locale et représentant·es du personnel qui ont mené à ce risque grave. Leur objectif est de comprendre l’activité des salarié·es par la prescription du travail qui diffère souvent de sa réalité. Ainsi on voit dans quelle mesure le travail réel abîme la santé.
Grand absent parmi les participant·es à l’enquête, Christophe Poullain, Directeur du réseau mais ancien
directeur régional des Hauts-de-France. Il n’a pas reçu l’invitation des experts, qui la lui ont pourtant
envoyée.
A la lecture de l’expertise, chaque salarié·e du réseau pourra reconnaître les travers de l’entreprise :
management descendant voire autoritaire, ligne de fracture entre la rédaction et les rédacteur·ices en chef et leurs adjoint·es, manque de temps de calage pour les journalistes, intérêt de certains sujets contestable, manque de dynamisme pour réaliser des PAE et des émissions. Côté représentant·es du personnel, c’est la triple peine : surcharge de travail liée au métier et au mandat et possibilité de discrimination syndicale sur 4 personnes. Sur ce point qui relève du pénal, les experts ont dit avoir manqué de temps pour enquêter, mais il faudrait le faire selon eux.
Les élu·es du CSE déplorent le fait que les catégories de personnel des rédacteur·ices en chef adjoint·es,
des représentant·es du personnel et des précaires n’existent pas dans le document unique d’évaluation
des risques professionnels. Cela permettrait de mettre en œuvre une politique volontariste de prévention
des risques, obligation légale de l’employeur.
Les élues du CSE ont rédigé une résolution.
Vos élu·es et RS Sud au CSE de mai
Laurent Ducrozet, Pierre-Olivier Casabianca,
Romane Idres, Chloé Tempéreau et Anne-Laure Tuaillon

Prochain CSE les 17 et 18 juin 2026

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.