Les agenouillistes du numérique first
cassent la télé et “ghostent” notre avenir

Cette fois on a les chiffres et ils confirment une casse assumée de nos antennes: moins d’argent, moins de programmes, moins d’emplois. Accrochée à so streaming first du pauvre comme à une bouée de sauvetage, la direction du réseau semble déjà avoir largué le linéaire dans les limbes de l’INA, et nous avec. Mais la stratégie “orangiste” pilotée par Delphine Ernotte ne se résume pas qu’à des soustractions budgétaires, elle intègre comme toujours le code natif du management libéral: le mépris des salarié·es.
Le tryptique du mois par le directeur du réseau Christophe Poullain @
« On n’a pas été bon” à propos de la grève exemplaire des collègues d’Île-de-France. Les élu·es
ont bien sûr liké ce (rare) moment de doute.
“Il n’y a pas de projet sur les locales, aujourd’hui et à court terme. Aucune locale ne va fermer”
Et toujours le même :
« Je peux être accusé de beaucoup de défauts, mais je ne mens pas. »
La direction régionale du mois
Celle de Bretagne qui ne veut plus d’instance de proximité sur une journée comme c’était l’usage
dans cette antenne. Une situation qui n’a jamais posé aucun problème sauf à la direction du
réseau, à l’origine de ce coup de rabot social et revendiqué au nom de l’harmonisation du
fonctionnement des instances de proximité. Il fallait oser.
La question sans réponse
Comment faire pour passer du JT des Outre-mer à celui de PIDF sur un même plateau, en 7 ou 8
minutes ?
Le chiffre du mois
50 postes non remplacés sur les 500 départs naturels (à 64 ans) d’ici à 2030. Voilà la projection
de la direction du réseau régional qui emploie 3000 personnes. On fait le pari que ce sera plus ?
BUDGET 2026 : une récession assumée et des contraintes financières
sans précédent pour les régions

La commission économique du CSE a analysé avec Philippe Angot, le directeur financier du réseau, le rapport de gestion pour 2025 et le budget prévisionnel du réseau pour l’année en cours. Le compte rendu de cette Comeco a été présenté aux élu·es du CSE lors de l’instance d’avril. Il se résume à ceci : toujours moins pour le réseau régional qui est le grand perdant de la diète financière imposée par l’État à l’audiovisuel public (150 millions d’euros d’économies en 2026).
Le budget 2026 pour le réseau s’élève à 440,4 millions, en baisse de 3,3 % par rapport au réalisé de 2025. Une première. Il y a une diminution historique du nombre d’ETP (équivalents temps plein) : – 45,1, et si l’on compare à 2024 avec les renforts Tempo, on constate une perte réelle de 90 ETP. Les régions Grand Est, AURA et Nouvelle Aquitaine sont les plus touchées et perdent chacune 15 ETP. Aucune antenne régionale n’est épargnée et seul le siège, quel symbole, gagne 2 ETP.
Le bilan budgétaire 2025 annonçait déjà la couleur : les directions régionales jouent contre leur camp !
Que le budget 2026 confirme l’allégeance financière d’Ernotte à Bercy est une chose, mais le plus incompréhensible est que les budgets initiaux des antennes ou rectifiés à la baisse courant 2025
n’ont pas été entièrement “consommés”. En clair, les directions régionales qui se sont bien abstenues de questionner le maintien coûteux d’un encadrement pléthorique, ont précarisé un peu plus les non permantent·es, mutualisé à outrance les éditions, et rogné sur les programmes ou les opérations spéciales. Ce n’est plus de la gestion de crise au doigt mouillé, c’est l’affirmation d’une doctrine, celle du renoncement à nos missions de média de proximité !
Nos patron.nes ont même réussi à économiser un peu… grâce aux arrêts maladies et aux indemnités versées par la Sécu. Bankable la souffrance au travail.
Immobilier : pas de cash, alors place au « lease back »

On découvre également que le réseau régional n’a pas de trésorerie pour anticiper les injonctions d’Ernotte et de l’Etat. Pour trouver du cash, l’idée serait donc de vendre, puis de relouer immédiatement à l’acheteur certaines de nos stations régionales ! Lille et Nantes seraient ainsi concernées par ce “lease-back” aussi prisé que risqué puisque les nouveaux propriétaires s’amusent généralement à exiger, au fil des ans, des loyers de plus en plus importants. Le site de Lyon, installé dans un cœur de ville très recherché, pourrait lui subir une cure d’amaigrissement immobilière.
On passera enfin sur l’économie substantielle réalisée dans le réseau en 2025 grâce la baisse des prix de l’énergie. La facture, cette année, risque hélas de s’allonger.
Moins de programmes et donc un risque pour la Fabrique qui reste stable
dans son activité
Les achats de programmes extérieurs, tout comme la co-production de documentaires, sont en
baisse. La direction plaide une ré-internalisation de la fabrication des émissions, ce que les élu·es
défendent également. Toutefois, cette baisse des achats extérieurs pourrait avoir des
conséquences sur l’activité de la post-production de la Fabrique dans les mois qui viennent. Il
faudra être vigilant. Précisions que la fabrique, et c‘est l’une des rares notes positives dans ce
bilan Comeco, bénéficie bien des prestations promises en 2025 et devrait maintenir son budget en
2026 (27 millions). Les jours de fiction sont même en nette progression.
Ça dépense sur la Côte !

La lecture de certains investissements financiers en 2026 laissent perplexes. Au nom de la sécurité (du site, du personnel ?), on bunkerise à grand frais des antennes ou leurs BIP comme à Limoges ou Grenoble (plus de 300 000 euros). Mais la palme d’or de l’investissement le plus infondé, le plus coûteux et désormais le plus risqué, revient à la construction de la future station de Nice, (7
millions injectés en 2026). Ce projet contesté avec raison par nos collègues azuréens pourrait-il devenir le boulet de FTV ? Avec l’arrivée de Ciotti et de l’extrême droite à la mairie, la baie des
anges pourrait bientôt ne plus l’être pour Delphine Ernotte. Pas sûr que les Proxys du RN, qui détestent la télévision publique, soient aussi bienveillants sur le projet d’Estrosi.
Une pub en berne et une cagnotte numérique qui nous passe sous le nez
“C’est mauvais sur toute la ligne” en 2025 reconnaît le directeur financier et pour cause, avec une
grille des programmes erratique et Tempo, les audiences, donc les rentrées publicitaires comme le
parrainage, se sont fait la malle chez les voisins (- 1,3 million pour la pub, – 600 000 pour le
parrainage). Pour 2026, le service publicité, avec lequel on compatit, ne prévoit pas
d’amélioration. Et il ne faut pas compter sur la pub du web pour donner un peu d’air à nos
finances régionales. Le réseau régional ne touche rien, tout part au national. Avant même
d’exister, le numérique first nous fait déjà les poches !
L’EMPLOI DU RÉSEAU… AU RAS DES PÂQUERETTES

La commission Emploi Formation a étudié l’évolution de l’emploi en 2025. Que ce soit pour l’analyse de l’emploi de la DMF (direction des moyens internes de fabrication) ou celle du réseau, les membres de la commission déplorent le fait que les chiffres de l’emploi ne soient pas corrélés à ce qui est fabriqué et diffusé. A part constater qu’à une date X comparée à un an avant il y a tant de salarié·es ou d’ETP en moins, il est difficile de tirer des enseignements des documents fournis par la direction. Nous notons que depuis plusieurs années, davantage de PTA quittent l’entreprise que de journalistes. Cela interroge sur l’avenir des antennes : quel plan de formation, de reconversion pour les personnels techniques ?Au 31 décembre 2025, la DMF Réseau France 3 comptait un effectif de 268 permanents, dont 9 à temps partiel. L’emploi global est en baisse de -16,2 ETP par rapport à la situation au 31 décembre 2024. Le nombre d’heures supplémentaires payées est en baisse par rapport à l’année dernière de -14,4%, avec un taux de -22,1% pour les permanents et un taux de -8,6% pour les non permanents.

Les membres de la commission rappellent l’engagement du directeur de France 3 lors du CSE de janvier : internaliser la fabrication des émissions du réseau régional. Comment le faire si les effectifs baissent ? A Vendargues, seule une cinquantaine de postes ont été pourvus. Mais la direction assume la politique de réduction des effectifs de France Télévisions et la suppression de deux cars vidéo mobiles.
Au 31 décembre 2025, le réseau France 3 compte un effectif de 3 073 permanents, dont 287 à temps partiel. L’emploi global est en baisse de -54,5 ETP par rapport à la situation au 31 décembre 2024. Au global, les effectifs
évoluent de -39 ETP pour les PTA et de -15,5 ETP pour les journalistes. 172 postes ont été pourvus en 2025, dont 55% en mobilité et 45% en recrutement. Il s’agit de 47% de journalistes et de 53% de PTA. Nous ne saurons pas combien de postes n’ont pas été pourvus. Les requalifications par les Prud’hommes continuent : 87 en 2025.
Un pool « équipes légères » qui aimerait bien un planning plus consistant
Le pool des équipes légères intervient à présent sur certaines émissions de l’antenne (exemple :
élections municipales). Les salarié·es font remonter qu’il y a un nombre insuffisant de programmes
de stock (documentaires) confié aux équipes de tournage du pool. L’un des membres de la commission insiste sur le fait que l’organisation cible n’a jamais été atteinte depuis le transfert des
salarié·es. Il manque toujours une équipe de tournage à Rennes et deux cadres ou assistantes de
production. De plus, les équipes de tournages sont normalement composées de trois techniciens :
un OPV, un OPS et un éclairagiste, cependant les sites de Marseille et de Lyon n’ont pas d’équipe
complète, alors que les émissions récurrentes de ces régions utilisent elles aussi cette
configuration.
De nombreuses questions des élu·es restent sans réponse : quels sont les métiers en tension ?
Scriptes, OPS, documentalistes, TEVA, rédacteur·ices en chef… Quels sont les métiers
émergents ? Au numérique…
Ces documentalistes que l’on oublie

Sud relaie l’inquiétude des documentalistes, notamment ceux
de Limoges : l’un des postes est vacant depuis 2 ans. Les
collègues sont épuisés par le rythme de travail. La direction
répond que des renforts en CDD sont possibles, il faut les
demander. Parallèlement, la direction a entrepris un travail sur
le futur de ce métier, mais elle n’est toujours pas prête à
communiquer sur les évolutions à venir (IA). Les élu·es notent
que la direction n’a pas invité de documentalistes pour
participer à la réflexion. Iels demandent à mettre un point sur
les documentalistes à l’ordre du jour du CSE de mai ou juin.
Une souffrance au travail qui s’accentue dans l’indifférence de nos
dirigeant·es

« Le travail c’est la santé…. » chantait Henri Salvador en 1965. À France Télévisions, c’est une autre partition qui se joue. Les arrêts maladies sont de plus en plus longs et les accidents du travail toujours aussi nombreux, de plus en plus graves. Le taux d’absentéisme du réseau France 3 est encore en hausse, le versement des indemnités sécurité sociale (IJSS) serait presque
une aubaine pour aider la direction financière à équilibrer un budget de plus en plus étriqué. Les motifs en tête de consultation des assistant·es social·es sont SANTÉ (39%) puis VIE AU TRAVAIL pour le Réseau, VIE AU TRAVAIL (41.7%) puis SANTÉ pour la Fabrique. Des thématiques qui font ressortir les difficultés que les salarié·es rencontrent dans l’exercice de leur métier.
Pourtant la DDQSVT (Direction déléguée de la qualité santé vie au travail) fait figure de parent pauvre face à certaines directions déléguées qui, elles, regorgent de ressources managériales dont on se demande parfois à quoi elles occupent leurs journées.
La Bretagne et l’Île-de-France symboles du conservatisme social

Pourtant lorsqu’elle décide de réduire l’IP Bretagne d’une demi-journée, alors que cela ne coûterait
rien financièrement de la maintenir sur une journée comme c’est le cas depuis plusieurs années, elle assume une décision centralisée du réseau pour harmoniser les temps de réunion, faisant fi des
particularités de cette instance (notamment pool des équipes légères, représentant d’IP qui vient de Strasbourg). Mais lorsqu’il s’agit de France3 Île de France, elle vante la singularité du modèle
et du plateau virtuel : « on modernise l’outil, on innove dans le récit éditorial, ce plateau pourrait très vite ringardiser les plateaux des autres régions »(sic). Les salarié·es d’IDF apprécieront, eux qui
sortent de six semaines de grève pour faire valoir des droits et des conditions de travail qu’aujourd’hui, la direction reconnaît légitimes.
Pour autant, elle leur refuse le paiement des journées de grève des soirées électorales, alors que ce fut un crève-cœur pour ces salarié·es de ne pas pouvoir remplir leurs missions de service public à un moment important de la vie démocratique du pays.
Avec de telles postures, faut-il s’étonner que la santé et la vie au travail soient au centre des
préoccupations des salarié·es ? En 2025 il y a eu 30 licenciements, dont 22 pour inaptitude. Mais
secret d’État, on ne saura pas combien sont en lien avec le travail.
Ça dépense sur la Côte 2 : thérapie sociale ou enfumage général ?

À la rédaction d’Antibes, la direction a mis en œuvre pour la première fois une thérapie sociale, méthode théorisée par Charles Rojzman dans les années 80, associant psychologie et sociologie.
Une thérapie de la relation nous indique Rafaële Bourgier, directeur délégué de la QSVT bien que son concepteur revendique désormais un “coming out” nationaliste comme l’indique la revue Causeur.
40% du personnel était en souffrance avant de démarrer cette méthode. On ne saura pas où en est ce pourcentage à l’issue des ateliers collectifs. À l’origine de ce dispositif, le refus de la direction régionale d’appliquer des préconisations faisant suite à une enquête paritaire.Et voilà qu’une fois encore, l’ombre du directeur régional, Samuel Peltier, plane sur le CSE. Les relations sociales et le dialogue ne semblent pas être sa tasse de thé. Il n’est d’ailleurs pas présent au CSE. Rafaële Bourgier déroule les 12 préconisations sorties de cette thérapie sociale dont on espère qu’elles ne resteront pas cette fois au fond du tiroir de la direction régionale.
La direction de la Fabrique ignore un peu trop notre CSE
D’une manière générale, les élu·es déplorent que les interlocuteurs de la Fabrique soient aux
abonnés absents lors des CSE, qu’il s’agisse des problématiques soulevées par la CSSCT, par la
Commission emploi formation, ou celles de la COMECO. Sur l’antenne d’Île de France,
dépendante des moyens de fabrication de la fabrique avec qui elle a un lien client/fournisseur, la
direction reconnaît qu’il faut « travailler à améliorer les échanges avec la Fabrique ». De notre côté,
nous notons que si la Direction du réseau pratique malheureusement de plus en plus le dialogue
de sourd, la dureté des relations sociales est exacerbée à la Fabrique du fait de l’impossible
dialogue avec ses représentants fantômes.
« Rien faire c’est la conserver » disait la chanson… Malheureusement cette ritournelle gentillette ne
s’applique pas à France Télévisions qui déploie sa stratégie de destruction avec une baisse
drastique d’activités. Le salarié trinque et le service public de l’audiovisuel se délite quelque soit
l’ordre de l’équation.

Réduction de l’activité = réduction des budgets +
réduction des effectifs
Réduction des budgets = réduction de l’activité +
réduction des effectifs
Réduction des effectifs = réduction de l’activité +
réduction du budget
A Paris, une lutte en suspens ?

Sophie Béchir, représentant·e SNJ du personnel de Paris Ile de France, est venue rappeler la lutte de 6 semaines menée par les salarié·es de la station francilienne pour présenter un JT dans
des conditions acceptables (cf liminaire Sud). Leur grève avait débuté le 2 mars, les deux soirées électorales avaient dû être annulées au grand dam des grévistes. Bilan : 6 accidents du travail sont à déplorer, des salarié·es sont encore en arrêt de travail. Le comble est que la solution retenue pour sortir du conflit (protocole de sortie de grève) est celle proposée par les salarié·es depuis l’année dernière. Mais des questions restent en suspens, comme celle du passage du JT des Outre-mer à celui de PIDF, sur un même plateau, en 7 ou 8 minutes.
L’on retiendra de ce mouvement que lorsque la direction ne traite pas ses salarié·es de la même
manière qu’iels soient de FranceInfo, France 2 ou du réseau, elle récolte la colère. Mais grâce à la
grève, les salarié·es ont eu gain de cause.
Deux CSE pour le prix d’un
Les élu·es du CSE ont demandé la tenue d’un CSE extraordinaire le mardi 19 mai pour traiter différents points jusque-là refusés par la direction du réseau.
De nouveaux représentant·es de proximité et du personnel
Bordeaux : Elise Décard en remplacement de Marianne Caussade
Limoges : Mathilde Rezki en remplacement de Guillaume Schons
PIF : Sophie Béchir en remplacement de Mathieu Caillaud
CSSCT : lire la résolution ICI, Karine Cévaër, Rabéa Chakir-Trébosc, Séverine Dangin, Bruno
Espalieu, Magali Roubaud-Soutrelle, Chloé Tempéreau
Référent RGPD du CSE : Jean-Hervé Guilcher
Commission Antenne et programmes : Coralie Becq
Commission MIF (moyens internes de fabrication) : Nicolas Marousez

Prochain CSE,
les 19, 20 et 21 mai
Contactez vos représentant·es
Sud Pierre-Olivier Casabianca
Laurent Ducrozet
Romane Idres
Chloé Tempéreau
Anne-Laure Tuaillon

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