« MEURTRES À » LA FABRIQUE

Alors que la direction annonçait cet été — sous couvert de restrictions budgétaires — la suppression des deux dernières fictions de l’année à Marseille et à Lyon, la direction plante un nouveau coup de couteau dans le dos de ses salarié·es. Elle vient de mettre en production le tournage d’une fiction France 3 hors moyens internes pour cet automne, totalement produite par un producteur privé (Ripley Films). Un épisode de la collection « Meurtres à… » sera tourné du 16 novembre au 11 décembre 2026 à Vienne, à seulement 20 minutes de Lyon, sans aucun personnel de la Fabrique !

Alors que la direction annonçait cet été — sous couvert de restrictions budgétaires — la suppression des deux dernières fictions de l’année à Marseille et à Lyon, la direction plante un nouveau coup de couteau dans le dos de ses salarié·es. Elle vient de mettre en production le tournage d’une fiction France 3 hors moyens internes pour cet automne, totalement produite par un producteur privé (Ripley Films). Un épisode de la collection « Meurtres à… » sera tourné du 16 novembre au 11 décembre 2026 à Vienne, à seulement 20 minutes de Lyon, sans aucun personnel de la Fabrique !

Un énième affront, vécu par les salarié·es comme une véritable humiliation. Pendant un mois, les salarié·es de Marseille et Lyon iront boucher les trous dans les plannings de Lille ou Vendargues, alors qu’un cadreur lillois sera envoyé à Vendargues, d’autres seront en service sans activité. Et bien sûr, quand les fictions sont tournées hors moyens, cela a aussi un impact direct sur le plan de charge, sur l’activité de post-production et sur le non-comblement des postes vacants.

La direction parle quotidiennement d’économies, nous culpabilise en disant que nous sommes trop chers par rapport au privé. Mais combien coûteront les déplacements, les hébergements, les indemnités et les frais supplémentaires générés par cette organisation ? Sans compter le coût humain, celui qui ne se calcule pas mais qui est bien réel : le mal-être des salarié·es et la souffrance au travail.

Les salarié·es de la fiction ont signé pour travailler principalement dans leur région, avec un collectif de travail soudé et des outils de production qu’ils connaissent par cœur. C’est ce qui fait leur force et leur capacité à s’adapter à tant de projets différents depuis des années.

Si Madame Ernotte dénonce dans la presse le risque de voir une part toujours plus importante de la création française dépendre de grands acteurs privés et étrangers, «Meurtres à Vienne» est bien le symptôme contradictoire d’une politique de désengagement progressif de la production en interne, à mesure que les plans de charge et les budgets diminuent. Il est en train de se produire exactement ce qui s’est passé à la fiction de Bordeaux, aux équipes légères et à la vidéo mobile : le démantèlement.

Une chose est certaine : une capacité de production ne se conserve pas en diminuant continuellement son activité.

Madame Ernotte, il Il ne suffit pas de dire que vous défendez de la création française : il faut aussi prendre vos responsabilités en défendant le travail de ceux qui la fabriquent !

Lyon, le 29 septembre 2026

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