Ici la direction avance à marche forcée*, malgré les alertes !
*Locution adverbiale : en privilégiant la rapidité par rapport à toute autre considération et en dépit des éventuelles oppositions.
Pour faire passer la pilule ICI, la direction utilise la méthode Coué. Comme Pangloss dans Candide, elle ne cesse de répéter : « tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes ». Pourtant, au sein des antennes, le malaise des salarié·es est bien réel.
ICI 12/13 – ICI 19/20 : tout va bien, je vais bien…
Si le déni était un sport olympique, la direction du réseau pourrait prétendre à un podium en 2024 : six semaines après leur lancement, elle s’accroche à sa description idyllique des éditions ICI, et cela relève de la performance.

« Globalement, il y a quelque chose de très positif » tente Erik Berg. Le directeur de l’information des régions décrit une « agitation intellectuelle », « un bouillonnement » dans des rédactions qui, ô joie, pensent « plus réseau qu’auparavant ». Certes, la direction travaille sur un « plan d’urgence » pour tenter de sauver la filière édition au bord de la rupture, mais « tous les présentateurs ne pleurent pas tous les jours » (sic). Les sujets venus de Paris seraient désormais rares à tarder, avec des éléments de lancements « pertinents et bien calibrés » (les présentateurs ne les comprendraient pas toujours bien ?!).
Preuve ultime de la réussite de ce projet, les salarié·es de France 3 Orléans ont « applaudi à la fin du JT » se réjouit Erik Berg. Des applaudissements qui résonnent plutôt comme un soulagement dans les oreilles des élu·es. Les mêmes que l’on entend à l’atterrissage des avions après un vol difficile.
Formation de nouveaux scriptes, rappel de scriptes à la retraite, revalorisation financière des postes d’adjoints, etc. La direction du réseau traîne à présenter son plan d’urgence, et veut (encore !) organiser des ateliers pour faire remonter les doléances. En espérant peut-être que les retours, à l’image de ceux que les encadrants leur font lors de leurs visites express dans les antennes, seront plus indulgents que ceux des élu·es du CSE.
La direction fait l’autruche, elle ne voit pas la santé mentale et physique des salarié·es se dégrader. Les accidents du travail se multiplient et la démotivation gangrène les collectifs, mais Sud ne la laissera pas fermer les yeux.

« Rapprochement » France 3/France Bleu ?
Inscrit à l’ordre du jour à la demande des élu·es, ce point a visiblement mis dans l’embarras la direction du réseau, qui affirme qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, malgré les déclarations dans la presse de Delphine Ernotte et Sibyle Veil, et les annonces faites aux salarié·es de Radio France.

- Aux rumeurs sur la disparition de France 3 ? « Un travail est en cours » sur « un renforcement de la marque ICI » déclare Philippe Martinetti, directeur du réseau régional.
- Des interventions des journalistes télé à la radio et vice-versa ? « Ce n’est pas comme cela que j’envisage ce rapprochement ».
- L’interdiction de la présence simultanée de deux équipes de France 3 et France Bleu sur une conférence de presse ? « Nos équipes captent nos images », « nous continuons à couvrir et à capter avec nos images, et si France Bleu récupère notre son, j’y suis favorable ».
- Pour le web, une nouvelle coordination ? Le « chaud » pour France bleu, le « froid » pour France 3 ? « C’est un travail de charte éditoriale qui doit se faire », mais « la singularité des médias est préservée ».
Le directeur du réseau affirme travailler uniquement sur « un rapprochement des antennes d’un point de vue des programmes ». Visiblement, Radio France a d’autres projets pour nous. Reste à savoir quelle vision de la future « marque ICI » l’emportera.
Projet de déploiement de drones* dans le réseau France 3.
*Le kit se nommera DLC (Drone Léger de Captation).
Philippe Martinetti « salue la démarche de co-construction pour ce projet engagé ensemble et très vite ». Sud retiendra que la collaboration avec les salarié·es est bien trop rare dans le réseau, mais qu’utiliser leurs compétences promet la réussite des projets. Le déploiement des drones doit faire jurisprudence et Sud espère que la direction appliquera ce procédé collaboratif à de futurs projets.
Michael Friedrich, directeur de l’exploitation et des moyens du réseau, souligne que le calendrier de mise en place des drones sera acté avant la fin de l’année. « On avance à grands pas et tous les feux sont au vert pour le déploiement ». L’idée est aussi de mettre fin à des pratiques sauvages d’utilisation de drones. L’enjeu est de permettre une captation pertinente et sans prise de risques pour les personnels.
À présent, les JRI et OPV peuvent prétendre à l’expertise professionnelle de « télépilotes », en ayant obtenu la licence valable sur le territoire français. Les JRI et OPV intéressés doivent se rapprocher de leur RH.
Toutes les informations concernant le projet de déploiement de drones dans le réseau France 3 sont ici.
Sud salue le travail d’Hervé Colosio, élu au CSE, à l’origine de ce projet.

Overdrive, fin de l’expérimentation.
L’expérimentation de l’automate à Strasbourg devait permettre de démontrer qu’il était possible de fabriquer des JT avec moitié moins de personnels. Il devait remplacer certains postes et en alléger d’autres… mais cette expérimentation a démontré l’inverse !

On peut lire dans la synthèse du groupe de travail : « Ça reste lourd dans la manipulation : même une « non-action » demande une action », « l’outil marche mais il n’est pas adapté au JT, il alourdit de façon très conséquente le travail en amont et pendant le JT. » « On s’est posé la question de ce que nous apporte la machine, s’il y a véritablement un gain dans son utilisation et la réponse est non. » « On se rajoute une grosse charge de travail », « nous n’avons pu faire aucun JT vraiment propre. L’essai n’est pas concluant », « cela demande plus de rigueur en préparation pour finalement moins de flexibilité.» « L’outil vient ajouter une brique qui alourdit le tout. Cela amène des contraintes sur un JT qu’on sait déjà faire, pour un résultat qualitatif moindre. »
Retour sur l’experimentation Overdrive à lire ici.
Pour rappel, Sud était la seule organisation syndicale à ne pas avoir signé l’accord d’expérimentation Overdrive. Le tract de Sud « Pourquoi nous n’avons pas signé » à retrouver ici.
Projets immobiliers.
La direction immobilière ne manque pas de projets. Problème, il n’y a aucune concertation avec les salarié·es, qui ne sont jamais associé·es aux réflexions au début des projets.
- À Strasbourg, un projet de reconstruction du site actuel est en cours de réflexion. Les élu·es déplorent qu’il n’y ait pas de projet alternatif à la destruction partielle de l’auditorium, le dernier de FTV. Les Strasbourgeois veulent le retour de la cantine dans le BRI et la préservation de la zone de permaculture. La direction fait la sourde oreille.
- À Bordeaux, le BRI pourrait déménager. La direction immobilière a repéré un lieu dans le centre ville. Des discussions sont en cours à la mairie.
- À Lyon, FTV discute aussi avec la mairie pour reconstruire sur le foncier existant.
- À Amiens, le bâtiment pourrait être agrandi pour accueillir des salles de réunion, de formation et France Bleu Picardie.
- Déménagement d’Antibes, le site de la Victorine, situé à Nice ouest, est-il prêt pour accueillir le BRI de France 3 Côte d’Azur ? Pour Sud, le compte n’y est pas pour plusieurs raisons : la ville de Nice n’a toujours pas trouvé de gestionnaire pour gérer le site, il n’y a pas de restaurant ouvert au public, pas d’accès par le nord, la redynamisation du site n’avance pas. Le nouveau bâtiment pose d’autres problèmes : il n’y aura pas de cantine. La direction reste inflexible sur ce point-là. Les salarié·es devront prendre leur voiture pour venir travailler car il n’y a pas suffisamment de transports en commun pour se rendre jusqu’aux nouveaux locaux. Les journalistes n’auront plus de bureaux individuels, place aux bureaux partagés. Une réorganisation qui risque de renforcer les risques psychosociaux, comme a alerté l’INRS en décembre 2021.
Sud regrette que la direction n’écoute pas les salarié·es, majoritairement opposé·es au déménagement, et rappelle qu’après 8 ans de recherche, le seul lieu trouvé pour installer le BRI de France 3 Côte d’Azur est celui de la Victorine… même s’il ne coche aucune case. Le tout pour un coût de 20 millions d’euros, au minimum !

Et la santé ?

- Absentéisme : à France 3, Corse comprise, l’absentéisme est de 6,26% en 2022, contre 7,20% en 2021, hors Covid.
- Point d’alerte : les accidents du travail reconnus sont passés de 2,4% à 5,5%. Un taux inédit pour le réseau.
Comme à chaque bilan, les élu·es regrettent le manque de précision des motifs d’absence qui pourraient être mieux identifiés.
- Plans d’actions suite à des dangers graves et imminents ou risques graves :
– NoA : la direction assure que le recrutement d’un chef de service de la gestion d’antenne va se faire prochainement. Tant mieux. C’était l’une des principales préconisations du plan d’action.
– Besançon : la direction affirme que le COPIL se passe bien. Elle a juste oublié de préciser qu’aucun RP n’avait accepté d’y participer.
– Antibes : le plan d’action, qui compte 16 préconisations, est balbutiant et le poste de représentant de la direction n’a toujours pas été pourvu. C’était pourtant l’une des préconisations les plus importantes.
Retrouvez l’intégralité du compte-rendu de la CSSCT ici.
Le compte-rendu à télécharger ici
Le prochain CSE du réseau aura lieu les 15 et 16 novembre 2023.
Si vous avez des questions, des doléances, contactez vos élu·es et représentant·es Sud au CSE : Nadia Adell, Johanna Albrecht, Pierre-Olivier Casabianca, Romane Idres et Philippe Perrot, ou vos élu·es et représentant·es Sud en région.

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